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La rando

En ce matin frais d’avril, notre petit groupe se retrouve pour cette fameuse boucle autour du Garlaban, prévue l’hiver dernier, au coin d’une tartiflette. Salut tout le monde, la forme ? Tiens, il manque BC. Cinq minutes, puis un quart d’heure, c’est rien, mais quand c’est un retard systématique, ça peut lasser les copains… il est comme ça, BC. Toujours en retard. D’ailleurs il y en a un dans chaque groupe : Je vous présente BC, le Boulet des Collines. (Toute ressemblance avec une personne existante n’est sûrement pas le fait du hasard)


Le boulet n’est pas prêt
BC arrive en retard, mais son sac n’est pas fait ; tout est là entassé dans le coffre. Désolé les gars, j’suis un peu à la bourre. Pas de problème, j’fais vite... Il tasse un peu le tout, le vieux coupe vent Ocazou, ça y est presque… attendez je mets de la crème… En principe il lui faut encore 5 mn pour lacer ses chaussures, et nous y sommes. On a patienté plus d’une demi-heure. Et avec un peu de chance, au pique nique ce sera : Mince, j’ai oublié mon eau !

Le boulet s’exprime
Nous avançons enfin. Mais point de grand calme ou de chants d’oiseaux. Car tout le temps, sur tout sujet, BC s’exprime. Il donne son avis éclairé, argumente, développe, et précise les choses. Certains disent qu’on l’entend bien avant de le voir ! Bien sûr, il est expert : en cuisine, en astronomie, en musique, en voile… Il parle tout le temps, et lorsqu’il parle, souvent s’arrête de marcher. Car BC est un théâtral, te tient le bras, ponctue ses phrases. Tu vois ? attends, je vais te dire… écoute-moi bien ! t’as compris le coup ? Le rythme de marche passe à celui de paisible croisière pour grands-mères.

 

 Le boulet est un contemplatif
Il aime profondément la nature, s’extasie devant tant de beauté. Et il partage son bonheur : T’as vu cette plante ? terrible, elle pousse entre les cailloux, comme ça, malgré la sécheresse de l’été ! (ok, on a compris, c’est du thym…) T’as vu comme il est blanc ce rocher ? une blancheur magnifique qui tranche avec la garrigue !  (ok, en même temps, c’est du calcaire…) Oui, il apprécie le paysage, et il fait des photos. Sans cesse il mitraille tout ce qui est à portée d’objectif. De près, de loin, avec les copains, ou avec lui-même… or pour bien cadrer, régler, il faut du temps. Il fait donc des pauses ; parfois plus de pauses que de marche. Et même si on fait tout pour garder un rythme modéré, il faut souvent s’arrêter pour qu’il nous rejoigne… la ballade de 4 heures va en devenir 7. Qui avait un rendez-vous ce soir ?
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Le boulet on n’sait jamais
Il va lentement, il est fatigué ; c’est vrai que son éternel sac de 50 litres semble bien rempli pour une sortie à la journée. Pas une poche de libre ! Alors que nos sacs hyper light de 15 litres sont suffisants. C’est à la pause de midi que nous réalisons l’ampleur du phénomène. Monsieur BC prévoit, car on n’sait jamais. On lui demande de nous présenter son fond de sac : tout d’abord, le coupe vent bleu délavé. Puis, de la même marque Ocazou, une veste polaire, des chaussettes de rechange, une trousse de secours complète (avec couverture de survie, atèle et aspi venin), le sac photo avec petite brosse, chiffon et multiples objectifs, un rouleau entier de papier toilette, une corde de 25m (en 11mm, c’est plus sûr), des jumelles, le livre des 100 plus belles randos d’Europe (pour faire des projets), un bout de matelas mousse pour déjeuner confortablement, le kit carte / boussole / couteau / briquet… Certes, on y trouve beaucoup de choses, mais il a bel et bien oublié son eau…

 

20150110_165923.jpg  A chacun son boulet
Oui, on lui fait quelques reproches à notre BC. C’est un fait, il est systématiquement en retard et a du mal pour l’organisation matérielle. Pour sûr, il n’a pas notre approche sportive de la rando. On peut dire qu’il est l’antithèse du style léger et rapide. Sans oublier son flot continu de paroles, qui anéantit tout espoir de calme en campagne. C’est vrai.
Mais il est toujours de bonne humeur. Quoiqu’il arrive, notre BC prend la vie du bon côté, et apprécie chaque journée. Quand il en parle, ses soucis de boulot deviennent des histoires drôles.  Il est une leçon de positivisme. Un bon souvenir, une nouvelle blague, il communique sa joie de vivre. Même fatigué il garde son large sourire, et aussi lorsqu’on se moque gentiment de lui. Avec le temps, on a appris à le connaître, puis à l’apprécier, tel qu’il est. Et si on s’en plaint parfois, on l’aime bien, notre Boulet des Collines. En plus il nous fait passer ses plus belles photos ! Oserai-je le dire ? Il nous manque un peu quand il rate une rando…